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Réduire sa vitesse est-ce réellement rentable ?

21 avril 2010Les conseils pour respecter l’environnement fleurissent sur Internet.

Le premier d’entre eux concerne la circulation automobile et vise à réduire la consommation de carburant des véhicules par la réduction de la vitesse de circulation.

Une évidence

Considérons un véhicule consommant en moyenne 8 litres de carburant aux 100 kilomètres.

Calculons l’impact que peut avoir une réduction de sa vitesse pour un trajet de 300 kilomètres. Supposons que ce véhicule circule à la vitesse de 100 kilomètres par heure. La durée du trajet sera donc de 3h00 (300 /100).

Sa consommation de carburant pour ce trajet sera égale à 24 litres de carburant (300 x8 /100).

Pour simplifier le calcul, fixons le prix du carburant à 1,50 € par litre.

Le coût du carburant pour ce trajet sera donc égal à 36 euros (24 x 1,50). Si la vitesse du véhicule n’est plus que de 90 kilomètres par heure.

Il faudra au conducteur 3h20 minutes pour effectuer ce même trajet de 300 km (300 / 90 = 3,33 soit 3h20). Supposons que la consommation de ce véhicule à 90 km/h n’est plus que de 7 litres de carburant aux 100 kilomètres.

La consommation de carburant pour ce parcours sera de 21 litres (300 x 7 / 100). Le prix du carburant s’élèvera pour ce trajet à 31,50 € (21 x 1,50). L’économie réalisée sur le coût du carburant en passant d’une vitesse de 100 km/h à une vitesse de 90 km/h est donc de 4,50 € (36 – 31,50). Examinons maintenant, l’impact de l’allongement de la durée du trajet.

En roulant à 90 km/h au lieu de 100 km/h, le chauffeur passera 20 minutes de plus dans son véhicule. Prenons comme base de rémunération, le minimum légal français soit, 14,50 € par heure, charges sociales comprises.

Le temps supplémentaire passé sur la route coûtera ainsi à l’entreprise 4,83 € (14,50 x 20 / 60). Pour apprécier l’intérêt de l’entreprise à faire rouler plus lentement ses véhicules, il convient de comparer l’économie réalisée et le coût lié au temps de travail supplémentaire résultant de la baisse de la vitesse de circulation.

Faisons le bilan : économie : 4,50 €, coût supplémentaire : 4,83 €.

Observations

Nous constatons que le bilan économique pour l’entreprise est défavorable d’autant que deux observations s’imposent :

  • la consommation en carburant des véhicules tend de plus en plus à se réduire en raison de l’amélioration constante de la performance des moteurs.
    Ainsi, l’écart entre la consommation à 90 km/h et à 100 kilomètres/h diminue également et l’économie de carburant réelle est donc plus faible que celle calculée dans notre exemple.
  • le coût horaire du travail retenu dans notre exemple correspond au minimum légal français or, de nombreux utilisateurs de véhicules à des fins professionnelles (comme les commerciaux) perçoivent une rémunération supérieure à ce minimum légal.
    Le surcoût correspondant au temps de travail supplémentaire lorsque la vitesse de circulation devient plus faible est donc, en réalité, très supérieur à celui calculé dans notre exemple.

Le bilan économique de la réduction de la vitesse de circulation est donc très défavorable pour l’entreprise.

Conclusion

  • Si d’un point de vue environnemental, la réduction de la vitesse de circulation permet de réduire l’impact de l’utilisation des véhicules équipés d’un moteur à explosion, d’un point de vue économique, elle génère un fort surcoût pour les entreprises.
  • De nombreux autres facteurs liés, tant aux véhicules, qu’aux conducteurs, influencent fortement la consommation de carburant et doivent être explorés en priorité.
  • Les systèmes de géolocalisation permettent d’éviter les embouteillages et d’optimiser les déplacements.