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Abandon de l’Ecotaxe : un recul ? Non, une avancée.

13 octobre 2014
En reportant sine die l’entrée en vigueur de l’Ecotaxe poids-lourds, la France s’engage, pour une fois, sur le bon chemin. Loin de nous surprendre et de constituer un recul comme veulent le faire croire les écologistes, cette décision constitue au contraire une avancée vers des choix de bon sens.Billoo Development a participé à toutes les phases de l’appel d’offres « Ecotaxe Poids-lourds ».

Dès sa première audition, elle avait mis en garde les représentants de l’état français contre les conséquences de la poursuite, et a fortiori de la bonne fin, de ce projet mal conçu.

« En poursuivant dans cette voie, la France deviendra la risée du monde » avions-nous annoncé d’emblée.

Infrastructures au sol inutiles et coûteuses, failles de sécurité dans l’organisation du système, lourdeur de l’organisation du paiement, nécessité d’équipements dédiés, contraintes techniques sans intérêt, poids de la distribution des équipements aux usagers temporaires, mode de contrôle inadapté de la fraude, coût disproportionné des contrôles, modalités d’interopérabilité obsolètes , absence de contenu informationnel en retour pour l’usager, pénalités insoutenables … et la liste est loin d’être exhaustive.

Tout cela nous l’avions dénoncé en temps et en heure.

Force est de constater que notre jugement s’est, malheureusement, avéré d’une particulière acuité.

« C’est la faute de la crise »

Oui, mais de la crise de la compétence.
Cette crise qui ouvre la voie à toutes les incompétences y compris, et de façon surprenante, à celles des « experts extérieurs » chargés « d’éclairer » l’Etat dans ses choix.

Plusieurs de nos publications expliquent pourquoi le péage kilométrique est une évolution essentielle pour notre futur.

Rappelons-en les principaux points de manière synthétique.

Dans un contexte de saturation des axes de transport (tous modes confondus), le péage kilométrique est indispensable.

Il permet que la circulation des biens et des personnes respecte l’environnement, ait l’incidence la plus faible possible sur la santé publique et n’entrave pas l’activité économique des pays.

De surcroît, il consolide une offre alternative de transport se positionnant entre les transports individuels et les transports collectifs (covoiturage, partage de véhicules et autres modes en devenir).

Autres temps, autre contraintes

Le temps où chacun pouvait emprunter les voies de circulation, sans entraves, est révolu.

Saturé sur les axes principaux et dans les villes, le réseau routier doit, à l’instar du transport aérien, être régulé, en temps réel, pour absorber au mieux la demande de trafic.

Multiplier les voies de circulation est économiquement absurde et injustifiable en terme environnemental.

Le péage kilométrique doit donc être conçu comme la contrepartie d’un service (celui de la mobilité) et son coût être, au-moins, compensé par le niveau de service fourni (ici une meilleure mobilité).

La conséquence ?

Le péage kilométrique doit constituer un outil de gestion de la demande instantanée de trafic en tous points du réseau routier et en particulier, à l’approche et à l’intérieur des villes.

Nos articles précédents dévoilent les pistes à suivre pour y parvenir.

Les difficultés françaises : une chance pour les autres pays.

La Belgique est en passe de choisir l’opérateur auquel elle confiera la mise en place de son péage kilométrique poids-lourds.

Espérons que l’expérience française évite à la Belgique de commettre les mêmes erreurs.

La lecture de l’appel d’offres belge en cours ne nous laisse cependant que bien peu d’espoir … sauf à revenir sur le contenu de l’appel d’offres ou à intégrer les clauses qui s’imposent dans le contrat qui sera signé avec l’opérateur … si celui-ci les accepte.

Une démarche à revoir de la part des administrations

Lorsque Billoo Development avait présenté ses analyses, le ministère de l’Environnement les avait écartées avec dédain.

Une bonne taxe et un montage juridique et technique complexe concocté par l’élite de l’administration française pourrait assurément régler, sans difficulté, tous les problèmes soulevés.

On connait la suite.

Aujourd’hui, le même ministère (et certainement, les mêmes fonctionnaires ?) rejette l’échec de leurs années de travail sur des causes extérieures (le lobby des poids lourds, la crise, la mauvaise communication, etc.) mais aucunement sur leurs analyses erronées.

Le problème de la mobilité est une réalité.

Il génère des effets néfastes de plus en plus insupportables sur l’environnement, l’économie et de façon générale sur le quotidien de chacun d’entre nous, sur celui de nos familles, sur l’avenir de nos enfants.

Un peu de courage politique et de bons sens viendraient durablement à bout de la congestion routière.

La France y trouverait un leadership mondial au moment où le « nation branding » est devenu si important.