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Inutile et très polluant

1 juin 2015
A 30 km/h, la circulation des véhicules génère une pollution deux fois plus importante qu’à 70 km/h. Dans les zones fortement urbanisées, les émissions polluantes atmosphériques sont d’autant plus préjudiciables que les vents étant arrêtés par les immeubles, elles stagnent longtemps au niveau de leur point d’émission.Le Conseil de Paris réfléchit à l’extension aux grands axes traversant la capitale, de la limitation à 30km/h de la vitesse de circulation des voitures.

L’objectif vise à réguler la circulation dans le centre de Paris et à pallier les inconvénients d’un « Paris toujours dans le modèle du “tout voiture” des années 1950 » selon Christophe Najdovski, adjoint aux transports de la capitale.

Non, la circulation ne sera pas plus rapide

Sur la base des observations effectuées par la Préfecture de Police de Paris montrant que le passage de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale sur le périphérique a fait passer la vitesse moyenne de 32 à 38 km/h sur cette infrastructure routière, M Najdovski en conclut que le passage de 50 à 30 km/h sur les grands axes traversant la capitale pourrait réduire le temps de trajet.

Bien évidemment, il n’en sera rien car il existe une grande différence entre le périphérique et les axes traversant la capitale : la présence de feux tricolores qui bloquent régulièrement le flux sur le réseau de circulation intra- muros.

Une mesure sans effet réel

D’ailleurs, sur les axes où la vitesse est limitée à 50 km/h, la vitesse moyenne de circulation observée par l’observatoire des déplacements à Paris est de 18,9 km/h alors que sur ceux où la limitation est de 30 km/h, la vitesse moyenne est de 17,3 km/h.
Les vitesses moyennes de circulation étant très éloignées des limites autorisées actuellement, on est en droit de s’interroger sur l’objectif réel d’une telle mesure qui ne vise ni à améliorer la circulation, ni à réduire la pollution.
Peut-être s’agit-il du premier pas d’une stratégie de communication destinée à imposer l’idée utopique d’une ville sans voiture ?

Des vitesses lentes génèrent plus de pollution

Plus la vitesse de circulation est faible, plus la consommation de carburant s’élève.
Plus la consommation de carburant est forte, plus les émissions atmosphériques polluantes augmentent.
Or, comme les émissions atmosphériques polluantes en milieu urbain se dissipent plus lentement que dans les zones venteuses. Leur nocivité est donc plus durable et plus sévère.

Des raisons connues

Dans nos articles précédents, nous avons déjà indiqué plusieurs raisons expliquant la faiblesse des vitesses de circulation dans les zones fortement urbanisées comme notamment, l’insuffisance, la mauvaise répartition et le coût des aires de stationnement, la réduction des voies de circulation par la mise en place de couloirs réservés peu utilisé.

Haussmann, reviens

Certes, n’est pas Haussmann qui veut mais quelques décisions de bon sens, du courage politique et une réflexion de fond sur la politique de déplacement dans les espaces urbains incluant, en particulier, l’urbanisme, l’implantation des entreprises et de l’habitat et les moyens de transport, permettraient d’améliorer fortement une situation qui se dégrade un peu plus chaque jour.

La suppression de la circulation automobile en centre-ville, Graal de nombreux élus actuels, en plus d’être utopique, constitue le degré zéro de la gestion publique et traduit le manque de vision globale de nos politiques pour faire face au mouvement constant de migration des populations vers les grands centres urbains.

Conclusion

  • Le passage de la vitesse maximale de circulation sur les grands axes routiers urbains de la capitale de 50 km/h à 30 km/h n’améliorera pas la circulation et aggravera la pollution atmosphérique.
  • Les solutions pour améliorer la circulation et l’environnement, résident dans une analyse non dogmatique des causes entravant le bon écoulement de la circulation.
  • Elles doivent prendre en compte les capacités de tous les moyens de transport disponibles et en optimiser l’utilisation notamment par le biais du développement du co-voiturage urbain.