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La taxe sur le gazole : un nouvel enfumage

12 octobre 2015

Depuis plusieurs décennies, les gouvernements, notamment français, ont soutenu le développement du marché du gazole malgré des effets nocifs connus de longue date sur l’environnement et sur la santé de la population.

Aujourd’hui, tel un capitaine de navire à la dérive, machine arrière toute. Haro sur le gazole.

Pour appliquer cette nouvelle politique, comme toujours, recours à l’instrument favori des gouvernements : la taxation.
Pourtant, faire émerger les technologies de l’information et de la communication permettant de réduire réellement la pollution en augmentant le taux d’occupation moyen des voitures en circulation serait assurément plus efficace et plus durable.

La taxe sur le gazole : une mesure inefficace

Mme Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie du gouvernement français, propose d’augmenter le litre de gazole de 2 centimes d’euro par litre pour compenser le déséquilibre avec le prix de l’essence et encourager les français à acheter des voitures roulant à essence plutôt que des voitures roulant au gazole.

Cette nouvelle taxation peut-elle réellement décaler le marché vers les voitures à essence ?

Pour y répondre, utilisons notre calculette.

Sachant que le nombre moyen de kilomètres parcourus par une voiture roulant au gazole est de 23.100 kilomètres par an, si nous retenons comme base, une consommation moyenne de cinq litres de gazole pour 100 kilomètres (en 30 ans, la consommation de carburant des voitures a été réduite d’un quart), l’impact économique d’une augmentation de 0,02€ par litre de gazole représentera (23.100 / 100) x 5 x 0,02 = 23€ par an !

Pour mémoire, la chute des cours du pétrole brut, même fortement amortie par la perte de valeur de l’euro par rapport au dollar sur la même période, a fait passer le prix moyen de vente au détail du litre de gazole en métropole de 1,38€ en septembre 2013 à 1,14€ en août 2015 , soit une baisse 12 fois plus importante que la hausse proposée par Mme Royal pour rééquilibrer les prix du gazole et de l’essence à la pompe.

Une autre piste : l’augmentation du prix des véhicules

Le passage à la norme Euro 6 surenchérit le prix de vente des voitures de 800 à 2.000€ selon sa motorisation.
Or, si depuis 1995, la durée moyenne de détention d’une voiture a fortement augmenté pour passer de 4 à 5,4 années , il n’en reste pas moins que le coût supplémentaire lié à la norme Euro 6 sera compris entre 148€/an et 370€/an (800/5,4 = 148€/an et 2.000/5,4 = 370€/an), 16 fois l’impact de la taxe gazole annoncée.
Cette taxe inutile et inefficace peut cependant se justifier si elle constitue la première marche d’une augmentation progressive visant, tel un garrot, à rendre économiquement insupportable l’usage des voitures au gazole.

La seule piste efficace : l’augmentation du taux d’occupation des véhicules circulants

Le taux moyen d’occupation des véhicules par déplacement était de 1,4 personne en 2008 et, certainement très inférieur à ce niveau de nos jours .
Une augmentation de 10% du taux d’occupation moyen des véhicules circulants suffirait à résoudre les embouteillages et leurs effets néfastes (pollution, surconsommation de carburant, etc.)

Les technologies de l’information et de la communication permettent aujourd’hui de proposer de nombreuses applications de covoiturage urbain malheureusement, force est de constater, jusqu’à maintenant, leur échec faute d’avoir trouvé un modèle économique adapté.

L’impulsion des pouvoirs publics dans ce domaine est nécessaire pour atteindre la taille critique nécessaire à la fluidité de ce marché et bénéficierait à tous … et à l’Etat en premier.

Conclusion

  • Comme de coutume, les choix politiques visent le court terme et résultent, de plus en plus, de réactions dictées par l’urgence d’une situation ou par des opportunités d’annonces.
  • L’utilisation de la voiture pour se déplacer est un mal nécessaire. Vouloir l’éradiquer est une utopie.
  • La pollution automobile n’est pas une fatalité même s’il est inenvisageable de voir la voitures disparaître de nos villes.
  • En revanche, les mesures favorisant l’émergence des technologies permettant de réduire la consommation de carburant et celles permettant d’augmenter le taux d’occupation moyen des véhicules circulants et leur accompagnement par les pouvoirs publics pour atteindre les seuils critiques sont assurément les voies à privilégier car, seules capables de réduire fortement et durablement l’impact de la circulation sur l’environnement et sur les populations.

Source : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/References/2014/ree-2014/ree2014-chapitre5-souspartie2.pdf
Source : http://www.atmo-npdc.fr/sensibilisation/outils-pedagogiques/depliants/657-ville-durable-toutes-fiches-2015/file.html

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