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Lille : un exemple à ne pas suivre

5 novembre 2015

Martine Aubry étend le stationnement payant à 37 rues supplémentaires et 80 nouveaux horodateurs y seront installés pour le 1er janvier 2016.
Un exemple économique et écologique à ne surtout pas suivre.

Le stationnement : une affaire de gros sous

L’extension prévue des zones de stationnement payant apportera à la ville 1 million d’euros supplémentaires par an et la cagnotte atteindra alors 7 millions d’euros par an ! Et ce, sans compter les fruits des amendes toujours plus nombreuses distribuées à l’envi par des fonctionnaires municipaux qui pourraient être employés à des fins plus utiles à la collectivité.

A cette somme très conséquente, s’ajoute aussi la redevance des concessions de parking.

C’est dire si l’objectif est clair : taxer, taxer et encore taxer, d’une forme ou d’une autre.

La difficulté à trouver un stationnement : une source importante de pollution

Comme nous l’avons déjà indiqué dans plusieurs de nos articles (http://billoodevelopment.com/un-stationnement-toujours-gratuit-du-simple-bon-sens/ et http://billoodevelopment.com/pourquoi-la-penurie-nameliore-t-elle-pas-la-mobilite/), circuler plus longtemps qu’il ne le faudrait pour trouver à stationner son véhicule augmente le temps de circulation, à faible vitesse, des véhicules.

La conséquence est double : une forte augmentation de la pollution et surtout, une stagnation longue des polluants à leur point d’émission; les villes étant, en raison des constructions, protégées des vents.

Un plan de circulation qui réduit toujours plus fortement l’écoulement du trafic

Depuis plusieurs années, la municipalité lilloise a multiplié les voies réservées aux autobus et aux cyclistes, réduisant parallèlement la capacité d’écoulement du flux de circulation des véhicules au prétexte de vouloir dissuader leurs utilisateurs de recourir à ce moyen de transport.

De nombreux axes connus, dans le passé, pour leur circulation facile sont devenus le théâtre d’embouteillages permanents.

La vitesse moyenne de circulation s’est fortement ralentie et la pollution a augmenté.

Là aussi, la promptitude à modifier le plan de circulation n’a pas été aussi forte pour mettre en place les indicateurs permettant de relever le niveau de pollution dans les zones où le plan de circulation a été modifié comme, par exemple, au niveau de la rue de Solferino ou du boulevard Vauban et d’en publier les résultats.

Ceux-ci auraient permis de valider (on aimerait y croire) ou d’invalider (ce qui est plus certain) les choix retenus par Mme Aubry.

Des solutions proposées inadaptées

Jacques Richir, adjoint de Martine Aubry à la voirie indique que, «sans être anti-voiture, nous avons aussi beaucoup investi dans les transports alternatifs en ville, pour trouver un équilibre… ».

Premièrement, penser que l’on peut remplacer la voiture privée par une extension des transports en commun est totalement erroné et illusoire.
La preuve nous en est donnée par la mairesse, elle-même.

Martine Aubry se rend-elle de son domicile à l’Hôtel de ville (distant de moins de 2 km l’un de l’autre), en voiture, à pied ou à vélo ?

Non. Il m’est d’ailleurs arrivé d’être bloqué par sa voiture quand son chauffeur la dépose devant chez elle.

Pourtant, à écouter Jacques Richir, les couloirs cyclables se sont multipliés et ouvrent de réelles possibilités de circuler en vélo à Lille, sans compter les autres alternatives qui, comme le rappelait l’adjoint à la voirie, ont nécessité de gros investissements.

De surcroît, il n’a pas pu échapper à Mme Aubry qu’une station de V’Lille, dont elle clame tant l’intérêt, se situe juste au pied de son beffroi !

Regardons maintenant plus attentivement la situation des transports en commun à Lille.
Une forte insécurité, des titres de transport trop chers et malgré cela, un déficit d’exploitation cumulé dépassant les 20 millions d’euros pour Transpole, le gestionnaires des transports en commun à Lille .
A l’évidence, la martingale retenue par la municipalité n’est pas la bonne.

Des solutions alternatives efficaces

Plusieurs pistes ont déjà été proposées et n’ont jamais été considérées :

  • Faire émerger des solutions intermédiaires entre la voiture privée et le transport en commun comme, le covoiturage urbain.
    Elles permettraient d’établir à un maillage très dense des points d’accès à ce type de moyen de transport et réduiraient fortement la demande de trafic sur le réseau de circulation, notamment aux heures de pointe, plage horaire de plus en plus large dans la métropole lilloise.
    L’écoulement du trafic retrouverait un niveau de fluidité élevée.
  • Multiplier les aires de stationnement gratuites réservées aux riverains par exemple en obligeant les nouvelles constructions à intégrer un plus grand nombre de places de stationnement. Les résidents ne payent-ils pas déjà une taxe foncière et une taxe mobilière !
    Cette mesure libèrerait des zones de stationnement pour des arrêts de moins d’une journée.

En conclusion

  • L’automobiliste est toujours considéré comme une vache à lait intarissable.
  • Pourtant, si l’utilisation de l’automobile reste, pour la population, une nécessité, des solutions nouvelles permettant de mailler de façon très serrée les zones urbaines et périurbaines arriveraient à réduire fortement la demande de trafic.
  • A l’aune de l’importance des effets néfastes et fort coûteux de la pollution, notamment dans les villes, la mise en place du covoiturage urbain devient une nécessité et une urgence.
  • A l’instar du droit au logement, le droit d’utiliser sa voiture pour circuler et s’arrêter, à sa guise, sans limite doit constituer un droit fondamental.

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