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Pourquoi la pénurie n’améliore-t-elle pas la mobilité ?

24 octobre 2013Pour réduire les embouteillages, de nombreuses municipalités ont cherché à dissuader leurs administrés d’utiliser leur véhicule pour se déplacer et les ont incités à privilégier les transports en commun.Pour parvenir à leur fin, il « suffisait » de rendre la circulation des véhicules privés plus pénible et plus coûteuse.

De multiples actions ont donc été menées dans ce sens par les municipalités dans l’espoir d’améliorer la circulation urbaine.

La réduction de la chaussée

Le premier moyen a consisté à réduire le nombre de voies de circulation réservées aux véhicules privés.

Le prétexte le plus communément retenu était de créer une voie de circulation utilisable uniquement par les véhicules de transports en commun afin d’améliorer la fréquence et la régularité de leurs passages.

Le résultat a été spectaculaire.
Là où l’on circulait facilement auparavant, des embouteillages sont apparus.
Et ces embouteillages touchent désormais, non seulement, les voies concernées par la réduction de la capacité d’écoulement des voies de circulation concernées, mais aussi, de proche en proche, toutes les voies adjacentes.

La limitation de la durée de stationnement

On observa rapidement que la difficulté à trouver un stationnement engorgeait les voies de circulation.

Aussi, pour augmenter la rotation des véhicules arrêtés sur les aires de stationnement disponibles, on a limité la durée maximale de stationnement sur une même place.

Dans les années 1970, on a ainsi vu fleurir, en France, les « zones bleues » ; zones de stationnement gratuites où la durée de stationnement était limitée.

Comme le nombre de véhicules en circulation augmentait plus rapidement que le nombre de places de stationnement, trouver une place pour parquer son véhicule se révéla de plus en plus difficile. Tout naturellement, l’engorgement des voies de circulation s’aggravait.

Le prétexte était excellent pour transformer les « zones bleues » en zones à stationnement payant au motif que les horodateurs permettaient de contrôler plus précisément l’heure d’arrivée du véhicule et l’éventuel dépassement de la durée de stationnement maximale autorisée.

Très rentables pour les municipalités, les zones de stationnement payant se sont tellement développées qu’il est devenu quasiment impossible, dans certaines municipalités, de trouver désormais des places de stationnement gratuit.

Et le résultat pour l’automobiliste ? Là aussi, il fut spectaculaire … dans l’inefficacité parce qu’au lieu de servir à construire d’autres aires de stationnement pour rééquilibrer l’offre et la demande, les fonds retirés du stationnement payant a été utilisé, par les municipalités, à d’autres fin qu’à l’amélioration de la circulation urbaine.

La conséquence : une perte de temps importante pour trouver une place de stationnement, une occupation inutile de la chaussée par les véhicules cherchant à se stationner, une surconsommation de carburant, et une pollution plus forte dans ces zones urbaines où, de surcroît, les émissions polluantes ne peuvent pas être disséminées par les vents.

Bien évidement, les défenseurs de ces politiques restrictives n’évoquent jamais ces effets néfastes pour la santé des citadins.

Un échec patent

Créer une pénurie des voies de circulation et des zones de stationnement se révèle, à l’évidence, un échec patent pour améliorer la fluidité du trafic routier et réduire les embouteillages urbains.
Mais, une fois cet échec constaté, quelles solutions peut-on proposer ?

Des évidences à rappeler

D’abord, il convient de constater que le véhicule privé est le seul moyen, avec le taxi, permettant d’effectuer un déplacement de porte-à-porte.

Aussi, imaginer qu’il puisse être substitué totalement par les transports en commun est illusoire.

Chaque moyen de transport couvre un besoin spécifique des usagers et c’est la combinaison intelligente des différents moyens de transport disponibles qui, en répondant le mieux à leurs contraintes, permet d’obtenir une bonne fluidité du trafic.

Des solutions pérennes et rentables existent pourtant

Quelles solutions durables est-il possible de mettre en place ?

1. Supprimer le stationnement sur la chaussée afin d’augmenter, sans investissements supplémentaires, le nombre de voies réservées à la circulation des véhicules privés.

Avantage : la circulation deviendrait immédiatement beaucoup plus fluide puisque l’on aura augmenté la capacité d’écoulement du flux de trafic du réseau routier.

2. Créer des parkings (souterrains ou en immeuble), de capacités suffisantes et géographiquement bien répartis sur tout le territoire des communes.

Avantage : Trouver à se stationner à proximité du lieu de destination final deviendra alors facile et les automobilistes n’encombreront plus la chaussée de façon anormalement longue.

3. Considérer ces infrastructures de stationnement au même titre que les autres infrastructures de circulation (routes) et donc, les financer par le budget général et non plus par l’usager.

Avantage : le stationnement deviendrait gratuit tout en restant très rentables pour les collectivités territoriales.
En effet, les investissements destinés à augmenter la capacité de stationnement sont largement moins coûteux et plus efficaces pour améliorer la mobilité urbaines que les investissements engagés aujourd’hui pour :

  • renforcer des réseaux de transports en commun dont le maillage géographique restera toujours insuffisant pour capter un maximum d’usagers et dont les tarifs prohibitifs contraignent les usagers à privilégier la voiture pour leurs déplacements, dès qu’ils se déplacent à plusieurs ;
  • augmenter les capacités du réseau routier existant, quand cela reste encore possible (ce qui n’est plus le cas dans les zones très urbanisées qui, paradoxalement, sont celles qui requièrent le plus les extensions de capacités des voies de circulation).

Enfin, en plus d’être moins coûteux que les solutions mises en place jusqu’à maintenant, ces investissements sont également très rentables car ils réduisent de façon substantielle l’impact financier, sur la collectivité, des externalités estimé par de nombreuses études à 1.600€ par an et par véhicule.

4. Contraindre les promoteurs à intégrer dans leurs programmes de construction un nombre de places de stationnement beaucoup plus important.

Avantage : la capacité de stationnement suivra ainsi l’évolution des besoins liés à l’accroissement des populations et du parc automobile.

5. Développer une nouvelle offre de transport urbain entre le véhicule individuel (voiture particulière ou taxi) et le transport en commun, grâce aux technologies des télécommunications : le covoiturage sur courte distance.

Avantage : Une augmentation de l’offre qui ne représente aucun investissement pour les collectivités territoriales, et qui permet de développer également les relations sociales.

Conclusion

  • Les embouteillages ne sont pas une fatalité.
  • Des solutions pérennes et rentables existent.
  • Un peu de bon sens, de créativité et une approche globale des problèmes auraient permis d’éviter de nombreuses erreurs dont toute la population subit, aujourd’hui, quotidiennement, les effets.
  • Les pertes considérables, tant au niveau économique qu’au niveau de la santé publique résultant des embouteillages ne sont désormais plus tolérables
  • Le temps et la santé sont les biens les plus précieux des individus. Ils ne doivent plus être gâchés inutilement.