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Pourquoi ne profitons-nous pas du progrès ?

15 février 2012Au cours des dernières décennies les progrès technologiques ont permis de réduire fortement la pénibilité et la répétitivité de nombreuses tâches au travail.

La ressource humaine a alors pu être utilisée pour effectuer des tâches de plus en plus évoluées ou non automatisables.

Pour augmenter la productivité des personnels, on a aussi cherché, de longue date, à améliorer leurs conditions de travail sur le lieu de travail par l’introduction de temps de pause, l’amélioration de la qualité des locaux, un éclairage mieux adapté, des matériels plus ergonomiques, une réduction toujours plus importantes du bruit, etc.

Le poids des facteurs externes

Malheureusement, dans le même temps, la limitation de la hauteur des immeubles en ville a éloigné les lieux de résidence des lieux de travail si bien, qu’au fil du temps, le trajet domicile / travail est devenu de plus en plus long et de plus en plus pénible.

Un métro bondé aux heures de pointe, la chaleur qui y règne, des bus circulant difficilement en raison de la densité de la circulation routière, des transports communs desservant mal certains quartiers, une position debout pendant de longs moments, ont généré des fatigues nouvelles, une agressivité supplémentaires et un stress important chez les usagers.

Le trajet domicile / travail: une préoccupation devenue essentielle

Les effets positifs du progrès technique et de l’amélioration des conditions de travail ont ainsi été largement effacés par les conséquences néfastes des contraintes subies par les personnels durant leur trajet domicile – travail.

Plus fatigués, leur productivité au travail s’émousse toujours un peu plus.

De multiples solutions ont déjà été proposées et/ou utiliser pour tenter de réduire ces nouvelles fatigues.

La flexibilité des heures de travail, le travail à temps partiel choisi ou le travail à distance répondent cependant, le plus souvent, à la gestion de contraintes organisationnelles de la sphère privée (conduite ou récupération des enfants à l’école, à la garderie, réalisation de certaines obligations à un moment précis, …) qu’aux contraintes et besoins des entreprises.

Le télétravail: une pratique trop minoritaire

Facilité par l’évolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication, le télétravail semble très prometteur pour réduire les fatigues liées au trajet domicile / travail.

Il se heurte cependant à des inconvénients liés à la fois aux personnels et aux entreprises.

Les télétravailleurs peuvent souffrir de leur isolement psychologique et relationnel et, au fil du temps, se sentir moins concernés par les enjeux de l’entreprise.

La séparation de leurs activités privées et leurs activités professionnelles peut être difficile surtout si la zone réservée au télétravail n’est pas physiquement bien délimitée au niveau de leur logement.

Leur concentration peut être plus difficile dans le contexte familial.

A l’inverse, ils peuvent éprouver de la culpabilité par rapport aux schémas traditionnels et, travailler de façon excessive.

Au niveau de l’entreprise, les réticences et les blocages vis-à-vis du télétravail sont encore nombreux et cette pratique, loin d’être entrée dans les mœurs, choque encore les dirigeants qui gèrent leurs entreprises en suivant des schémas organisationnels hérités de XIXème siècle.

Dans ces entreprises, le maintien du lien social entre les télétravailleurs et les autres employés reste souvent difficile ; le télétravailleur étant parfois considéré comme un dilettante, une personne perpétuellement en vacances.

Sans une redéfinition des modes de fonctionnement au sein de l’entreprise, la communication avec les télétravailleurs, dont les tâches peuvent être effectuées à des heures décalées, rend parfois le travail collaboratif et les synergies plus difficiles à établir.

Des réponses innovantes

Paradoxalement, les solutions à mettre en place viseront, à la fois, à éviter l’isolement du télétravailleur et à lui apporter un environnement de travail proche de son cadre habituel.

Les centres d’affaires apportent aux personnels itinérants une logistique leur permettant de travailler et/ou de recevoir leurs clients et fournisseurs dans les meilleures conditions de confort.

A l’image de ces centres d’affaires, des « bureauthèques », sorte d’hôtels de bureaux de proximité, offriraient aux télétravailleurs des espaces à temps partagé constituant des lieux de travail bien différenciés de leur cadre privé tout en leur évitant les affres du trajet domicile / travail.

La réponse peut, aussi, simplement consister en une répartition équilibrée entre le temps télétravaillé et le temps de présence en entreprise.

Un décalage d’au-moins deux heures par rapport aux heures de pointe, permet à la fois d’éviter les embouteillages et de garder un contact permanent avec l’entreprise, les collègues et la hiérarchie.

La solution « magique » n’existe pas et il convient d’être innovant, tant au niveau des entreprises que des pouvoirs publics, notamment ceux en charge de l’urbanisme.

Séparer les lieux de travail, des lieux d’habitation génèrent des flux quotidiens de déplacements alors que chaque quartier devrait permettre à ceux qui y travaillent de pouvoir s’y loger.

Conclusion

  • La pénibilité du trajet domicile / travail est devenue un facteur important de baisse de productivité des personnels.
  • Rester compétitif oblige les entreprises à porter la même attention à la gestion du trajet domicile / travail de leurs personnels que celle qu’elles ont mise à améliorer leur productivité et leurs conditions de travail au sein de l’entreprise.
  • Des politiques innovantes basées sur le recours aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) doivent être recherchées pour s’adapter aux contraintes individuelles des personnels et à celles des entreprises.