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Un stationnement toujours gratuit : du simple bon sens.

23 juin 2015

Quand la pollution atmosphérique a atteint un niveau critique, la ville de Paris a immédiatement rendu gratuit le stationnement des voitures.

Pourtant, au prétexte de faire diminuer la pollution, la municipalité n’a cessé, au cours des dernières années, de prendre des mesures visant à rendre toujours plus difficile le stationnement urbain.

Les prix du stationnement résidentiel ont triplé dans certains quartiers au lendemain de l’élection de Mme Hidalgo.

Le simple bon sens nous montre que si la circulation est un problème (pollution, bouchons), il convient d’inciter les véhicules à rouler le moins possible.

La gratuité du stationnement, alliée au péage pour ceux qui roulent pour compenser les pertes financières résultant de la gratuité, est frappée au coin de bon sens notamment, lorsque la capacité de stationnement est suffisante et, géographiquement bien répartie.

Mais allons au-delà des évidences.

Une première évidence oubliée

La consommation de carburant d’une voiture est directement liée à sa vitesse et, évolue selon une courbe en U.

Elevée pour les vitesses faibles, la consommation de carburant diminue lorsque la vitesse augmente jusqu’à atteindre un minimum (vers 70 km/h) puis, une fois cette vitesse dépassée, la consommation augmente à nouveau continuellement.

A 30 km/h, la consommation est 50% plus élevée qu’à 70 km/h.

Nul n’est besoin d’avoir fait des études supérieures pour se rendre compte de cela.

Il suffit simplement de constater la fréquence avec laquelle il faut passer à la station-service pour faire le plein de carburant lorsque l’on circule en ville.

Tout aussi évident et tout autant occulté

Plus les zones sont venteuses, plus les rejets gazeux se diffusent dans l’atmosphère.

Plus les rejets gazeux se diffusent rapidement dans l’atmosphère, moins les polluants se concentrent en un point donné.

Les zones fortement urbanisées et les bassins versants, comme le bassin parisien, sont des zones protégées des vents.

La concentration en polluants atmosphériques n’y baisse donc que très lentement.

Un double impact négatif

Plus, une voiture circule longtemps en ville à vitesse réduite, plus elle pollue et plus la pollution atmosphérique générée stagne longtemps au point d’émission.

Une solution pourtant simple

Certes, toutes les dispositions doivent être prises pour dissuader les utilisateurs de recourir systématiquement à la voiture pour se déplacer, notamment aux heures de pointe.

Cependant, il convient aussi, de réduire au maximum la durée de circulation à faible vitesse des véhicules dans les centres urbains notamment lorsque ces centres se situent dans des zones peu venteuses.

Pour cela, il est nécessaire d’augmenter fortement les capacités de stationnement actuelles, de veiller à bien les répartir sur le territoire urbain et de faciliter leur accessibilité par le biais d’une gratuité, d’ailleurs largement compensée par les économies réalisées sur la réduction des effets néfastes sur la santé de l’homme et sur l’environnement.

Eviter les transferts de mode de transportSi la gratuité du stationnement permet de baisser la durée de circulation des voitures en zone urbaine, elle peut également provoquer un transfert des transports collectifs vers le transport routier individuel et donc, constituer un appel d’air pour plus de voitures.

En effet, les plus hésitants entre : transport collectif et transport individuel, peuvent changer d’avis en constatant que la circulation est plus fluide.

Il est donc indispensable de contrebalancer l’incitation au stationnement (gratuité), par une mesure destinée à réduire le recours à la voiture individuel (péage) et surtout, par le soutien aux solutions alternatives, comme le covoiturage urbain, capables de réduire la demande individuelle de transport aux heures de pointe.

Toutes ces mesures doivent également être accompagnées d’une réflexion approfondie sur la politique de déplacement dans les espaces urbains, notamment au plan de l’urbanisme des entreprises et de l’habitat.

La situation actuelle montre à quel point ceux qui, dans les dernières décennies, ont été chargés de ces questions, ont échoué.

Conclusion

  • Les pouvoirs publics ont constamment cherché ces dernières années à rendre plus difficile l’utilisation de la voiture en agissant sur son coût d’utilisation, notamment le coût du stationnement.
  • Malheureusement, ils n’ont jamais mis en œuvre les mesures permettant à la demande de se reporter sur des modes de transport alternatifs ou ni même, soutenu le développement de nouveaux modes de transport alternatifs.
  • L’engorgement du réseau routier, notamment intra-urbain et périurbain, était prévisible et inévitable : la catastrophe actuelle était annoncée de longue date.
  • Les effets néfastes en résultant tant pour l’homme, que pour l’environnement et l’économie, se traduisent par la mise en place, lorsqu’ils deviennent insoutenables, de mesures ponctuelles d’interdiction, degré zéro de la gestion publique.
  • Une augmentation des capacités de stationnement, bien réparties sur le territoire urbain est indispensable.
  • La gratuité permettrait d’utiliser au mieux ces capacités et réduirait fortement la pollution généré par l’usage des voitures en milieu urbain, en mettant en place, dans le même temps, des mesures d’une part, de péage et d’autre part, de soutien au co-voiturage urbain.

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